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Page:Ardouin - Étude sur l’histoire d’Haïti, tome 3.djvu/55

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commandait le Port-au-Prince, de lui rendre le corps de Markhams. Cette proposition, agréée comme un témoignage de la justice rendue par les vainqueurs au courage de cet officier, les porta à faire accompagner ce cadavre avec toute la pompe militaire, jusqu’aux portes de la ville où il fut reçu.

Après cette victoire, l’armée républicaine entreprit le siége du fort Bizoton, par des batteries de canons et de mortiers placés sur les éminences voisines. Ce siége dura cinquante-cinq jours, pendant lesquels des actions d’éclat eurent lieu des deux côtés[1]. Au bout de ce temps, il fut levé, et l’armëe républicaine retourna à Léogane.

Cette retraite se fît sur l’observation adressée par Laveaux à Rigaud, de l’impossibilité de conserver le fort Bizoton, dans le cas même où il aurait été pris, puisque les républicains n’avaient plus de poudre, et qu’ils en avaient demandé à Laveaux qui ne put leur en envoyer. En outre, sur la demande de Rigaud, le gouverneur général avait donné l’ordre à T. Louverture d’attaquer Saint-Marc, pour faire diversion aux forces anglaises ; et après divers assauts donnés infructueusement à cette ville, les 25, 26 et 27 juin, ce général avait été contraint d’y renoncer et de lever le siége de cette ville[2]


Le 11 juin, Jean François fît une adresse aux noirs du

  1. Nous avons ouï dire que c’est durant le siège de Bizoton que Faubert donna le surnom de Mètellus à un sergent noir qui fît un acte de bravoure extraordinaire. Ce sergent devint général de division, sous la présidence de Pétion ; il était aussi un des meilleurs citoyens de la République d’Haïti.
  2. M. Madiou fait à Laveaux l’honneur d’avoir lui-même conçu le plan d’attaque générale contre les Anglais au Port-au-Prince et à Saint-Marc, tandis que ce gouverneur dit tout simplement, que c’est sur la demande de Rigaud, qui voulait attaquer le Port-au-Prince, qu’il donna l’ordre à Toussaint Louverture de l’assister en allant contre Saint-Marc. Ainsi c’est plutôt à Rigaud que revient cette initiative. (Hist. d’Haïti, t. 1 er, p. 219.)