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Page:Ardouin - Étude sur l’histoire d’Haïti, tome 3.djvu/539

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douteux. L’année 1794 se termine aussi glorieusement ; qu’elle avait paru désespérante à son aurore.

Une nouvelle année commence par d’autres succès militaires dans les lieux soumis plus immédiatement au gouverneur général. Un navire de guerre arrive alors de France avec quelques munitions et une nouvelle notification de la loi sur la liberté générale. La France, persistant dans sa justice, communique ainsi une nouvelle énergie à ses défenseurs ; et elle apprend à son tour qu’ils se sont rendus dignes de son amour et de sa reconnaissance.

Mais bientôt, le gouverneur général, par son incapacité politique, se livrant à des intrigues indignes de son rang, déconsidérant son autorité, devient cause de rivalités et de jalousies entre Villatte et T. Louverture ; il excite celui-ci contre l’autre, en cédant à ses flatteries qui le font préférer, T. Louverture exploite cette situation au profit de son ambition. Dans ses préventions nées des suggestions qu’il a reçues précédemment de Sonthonax et de Desfourneaux, Laveaux étend contre une classe entière les reproches qu’il croit avoir le droit de faire à Villatte, devenu l’objet de son aversion : il transmet ses préventions injustes au gouvernement de la métropole.

Cependant, dans l’intervalle, ce gouvernement apprend les succès obtenus contre l’ennemi, et les espérances qu’ils faisaient naître pour son expulsion du territoire colonial ; il envoie des récompenses nationales à Villatte, T. Louverture, Rigaud et Bauvais, qui se sont distingués par leur bravoure : ils deviennent des généraux de l’armée française. Les autres officiers et leurs courageux soldats reçoivent aussi l’hommage de la reconnaissance de la patrie, par la déclaration solennelle qu’ils en ont bien mérité.