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Page:Ardouin - Étude sur l’histoire d’Haïti, tome 3.djvu/513

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Nous ne pouvons reproduire tous les principaux passages du rapport dont il vient d’être question ; mais citons-en un seul :

« Quels que pussent être les motifs du blâme continuel que je recevais de l’agent, sur une conduite dans laquelle je ne trouvais rien à me reprocher, je ne devais pas les approfondir ; et persuadé que du moment que j’avais perdu sa confiance, il ne m’était plus possible d’opérer le bien, je vous demandai mare traite. Heureux si elle eût pu me parvenir avant l’éloignement du général agent ! Il eût éprouvé alors que l’ambition ne me domina jamais, et surtout, il ne m’eût pas fait l’injure de publier que je voulais terminer mes services à la France par un crime vers lequel j’étais entraîné par les hommes vendus à l’Anglais, qui m’entouraient. Quels que puissent être ceux dont j’ai été obligé de me servir pour m’aider dans mes importantes occupations, et dont même, avec tous les moyens que donne l’éducation, que je n’ai pas reçue, mes fonctions ne me permettraient pas de me passer, je prouverai un jour que nul moins que moi ne mérita le reproche que me font mes ennemis de me laisser gouverner. Pourrait-on me faire un crime de diriger vers l’intérêt public, d’employer à l’avantage de la République, l’activité, les talens et le génie ? Et lorsque mes secrétaires, que des liens trop sacrés unissent à la métropole pour douter un seul instant de leur attachement pour elle, sont les seuls dépositaires de mes secrets, les seuls confidens des projets que je ne puis renfermer en moi-même, pourquoi rejeter, sur des hommes qui ne m’influencèrent jamais, le blâme des ridicules intentions qu’on me prête, et qui, n’étant jamais entrées dans mon cœur, prouvent encore plus que je ne me laisse pas gouverner au gré des passions des hommes ?…