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Page:Ardouin - Étude sur l’histoire d’Haïti, tome 3.djvu/502

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promis en servant les Anglais profitèrent de leurs offres généreuses et s’enfuirent avec eux. De ce nombre étaient J.-B. Lapointe, Jean Kina, etc. Lapointe, reconnu brigadier général, Jean Kina, colonel, furent traités avec magnificence[1]

Rendu au Port-de-Paix le 13 octobre, T. Louverture écrivit à Hédouville :

« J’ai enfin réussi ! Je suis parvenu au but que je me proposais, celui de chasser les Anglais de Saint-Domingue, en substituant aux drapeaux des despotes, l’étendard de la liberté et le pavillon de la République française. Il flotte d’un bout de Saint-Domingue à l’autre. Je n’ai plus rien à désirer.

Il ne vous reste plus qu’à faire la tournée de cette île, pour connaître par vous-même l’immensité du territoire que l’armée de Saint-Domingue a reconquis, pour estimer la valeur de ces conquêtes précieuses, enfin, pour pouvoir rendre aux soldats de la République la justice qu’ils méritent.

Je désire, citoyen agent, que ma conduite dans la prise de possession du Môle mérite votre approbation. Toutes mes actions n’ont eu d’autre but que celui de mériter votre confiance, d’acquérir votre estime, et je ne m’estimerai heureux, que lorsque j’en aurai la conviction certaine.  »

Il y a dans cette lettre un sentiment d’orgueil bien légitime de la part de T. Louverture. Depuis le-jour où il avait arboré le pavillon tricolore aux Gonaïves, le 4 mai 1794, il n’avait cessé de combattre les Anglais, comme les

  1. Jean Kina mourut à l’étranger. Nous avons déjà dit que Lapointe revint en Haïti en 1812.