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Page:Ardouin - Étude sur l’histoire d’Haïti, tome 3.djvu/49

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voulaient rétablir l’esclavage, etc. Venues après coup, ces dénonciations paraissent avoir été l’œuvre de T. Louverture lui-même. Cependant, suivant Laveaux, il aurait accusé Blanc Cazenave d’avoir dit publiquement qu’il tournerait ses armes contre la République, et d’avoir assassiné 40 noirs dans divers accès de colère : deux crimes énormes aux yeux du gouverneur général, toujours disposé à ne rencontrer que de la perfidie dans les mulâtres.

Quoi qu’il en soit, T. Louverture quitta les Gonaïves aussitôt, pour se porter sur la ligne de l’Àrtibonite. Blanc Cazenave avait été arrêté le 30 janvier : le 6 février, T. Louverture annonça sa mort à Laveaux, en ces termes :

« Blanc Cazenave, pendant sa détention, a été vivement atteint d’une colère bilieuse qui avait toutes les apparences d’une rage effrénée ; il en a été étouffé. Requiescat in pace. Il est hors de ce monde ; nous en dece vons à Dieu des actions de grâces. Pour moi, général, en le faisant arrêter, je n’ai fait que mon devoir. Toujours, je saisirai avec zèle l’occasion de servir la patrie ; je combattrai sans cesse les ennemis intérieurs et extérieurs. Cette mort de Blanc Cazenave a anéanti contre lui toute espèce de procédure, attendu que de son crime, il n’y a point de complices ni de participes. Vernet ne m’ayant pas encore fait passer le procès-verbal de sa mort, je lui écris de vous l’envoyer. »

Vernet commandait alors la place des Gonaïves. Cet homme de couleur devint l’époux d’une nièce de T. Louverture.

Cette colère bilieuse, semblable à une rage effrénée, qui étouffa le malheureux Blanc Cazenave dans la prison des Gonaïves, rappelle assez bien ce proverbe : Quand