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Page:Ardouin - Étude sur l’histoire d’Haïti, tome 3.djvu/479

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consistaient à acheter des approvisionnemens pour la colonie. Suivant ce commissaire, Spencer lui aurait dit : « Je vous avoue que je ne suis ici que pour suivre les instructions du général Maitland, et qu’elles portent expressèment que je laisserai la place au général Toussaint, que je ne reconnaîtrai que lui ou ses officiers. Les conditions sont faites avec le général Toussaint, sans qu’il soit fait mention du général agent du Directoire exécutif. D’après cela, je ne puis reconnaître le général Hédouville. »

Tout porte donc à croire qu’il n’y eut alors d’autres conventions entre T. Louverture et Maitland, que celle souscrite par Huin et Harcourt à Jérémie, et qui fut ratifiée par les deux généraux ; mais qu’il fut effectivement convenu entre eux ce qui est rapporté par les paroles du général Spencer. Hédouville était ainsi écarté, son pouvoir annulé par le général en chef, à l’égard des Anglais, malgré la recommandation de l’agent de refaire la convention de Jérémie, afin de rédiger autrement son 2e article trop large en faveur des émigrés, et pour y insérer que T. Louverture contractait au nom de la République française et par autorisation de son agent.

Ce qui appuie nos appréciations, c’est le témoignage de Pamphile de Lacroix. Cet auteur dit dans ses mémoires :

« J’ai vu dans les archives du gouvernement au Port-au-Prince, et tous les officiers de l’état-major de notre armée ont vu avec moi, les propositions secrètes… qui tendaient, à faire déclarer T. Louverture Roi d’Haïti, qualité dans laquelle le général Maitland l’assurait qu’il serait de suite reconnu par l’Angleterre, s’il consentait, en ceignant la couronne, à signer, sans restriction, un traité de commerce exclusif par lequel la Grande-Bretagne