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Page:Ardouin - Étude sur l’histoire d’Haïti, tome 3.djvu/464

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au moment de sa cession aux armes de S. M. B., sera rendue dans le même état, quel que soit le lieu où elle se trouve placée à présent. Il en sera de même pour les tas de boulets et de bombes qui s’y trouvaient[1].

4. Il sera laissé au Môle 100 barils de poudre, 100 de farine et 100 de salaisons.

8. Les munitions ou approvisionnemens, ou objets quelconques appartenant à S. M. B., qui ne seraient pas embarqués le 1er octobre, seront laissés pour la République française. »

Il y avait, comme on voit, une très-grande différence entre les deux conventions relatives au Môle : la première, du 16 août, conclue à Jérémie sous les yeux de Maitland, recevait les objets de guerre dans leur état actuel, tandis que celle du 18 août conclue au Môle, obligeait les Anglais à tout replacer, telles qu’étaient les choses en septembre 1793, au moment de la prise de possession de cette place. Une telle disposition devenait une sorte d’humiliation pour les armes britanniques. Par la première, le général anglais ne s’obligeait pas à y laisser les objets qu’il n’aurait pu faire embarquer au 1er octobre.

Le 18 août, étant au Port-au-Prince, T. Louverture écrivit à Hédouville pour le remercier de l’avoir autorisé à traiter de l’évacuation de Jérémie, en lui disant cependant qu’il avait chargé Huin de tâcher d’obtenir celle du Môle, sans lui parler encore de la lettre de Maitland, du 30 juillet ; il ajouta qu’il avait pris toutes ses mesures pour empêcher l’entrée des étrangers dans la colonie. Il lui adressa la convention relative à Jérémie qu’il venait de recevoir de Huin.

  1. Suivant Moreau de Saint-Méry, (t, 2, p. 42) il y avait au Môle, en 1789, 162 canons et 60 mortiers.