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Page:Ardouin - Étude sur l’histoire d’Haïti, tome 3.djvu/438

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voir de jeter les bases d’une convention à cet effet, et Hédouville informait Maitland qu’il faisait toutes ses dispositions pour le faire attaquer en même temps sur ces deux points. Le 18 juin, il renvoya l’adjudant-général Blanchet auprès de Rigaud avec ordre de se préparer à ce mouvement offensif, et en donna avis à T. Louverture.

En même temps, ce dernier écrivit, du Port-de-Paix, à Hédouville, qu’il avait expédié des munitions à Rigaud et envoyé le colonel Huin au Môle, porteur d’une lettre à Maitland, pour réclamer des navires de commerce du Port-au-Prince que ce général avait employés au transport de ses troupes, et lui faire savoir aussi qu’il prenait ses dispositions pour l’attaquer : comme Hédouville, il engageait Maitland à évacuer le Môle et Jérémie, et il disait à l’agent que la mission de Huin avait pour but d’observer la situation du Môle.

Dalton et Huin, n’y trouvant pas Maitland, furent forcés de se rendre à Jérémie, où ils le rencontrèrent, de retour de son attaque infructueuse contre Tiburon. Le 22 juin, Maitland répondit évasivement aux propositions d’évacuation faites par Hédouville ; il lui dit qu il était essentiellement obéissant aux instructions qu’il avait reçues du gouvernement britannique, et qu’il ne pouvait ni ne devait lui donner aucune explication à ce sujet. Mais il s’ouvrit à Huin, en écrivant le même jour à T. Louverture, qu’il n’évacuerait ni Jérémie ni le Môle ; qu’il était cependant disposé à accorder toutes les facilités propres à contribuer à la prospérité de Saint-Domingue. Le 28 mai, il avait émis une proclamation qui déclarait en état de blocus tous les ports de la colonie non occupés par les Anglais, en ordonnant les mesures les plus sévères à l’égard des navires neutres. Les facilités qu’il offrait d’accorder