Ouvrir le menu principal

Page:Ardouin - Étude sur l’histoire d’Haïti, tome 3.djvu/422

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


Hédouville autorisa T. Louverture à traiter avec Maitland, mais qu’il ne désirait pas qu’il vînt auprès de lui au Cap, avant d’avoir terminé cette importante négociation. Cependant, nous lisons les lignes suivantes dans les mémoires de Pamphile de Lacroix :

« Des officiers de son état-major, jeunes et légers, laissèrent percer des opinions défavorables pour le général noir. Ils ne demandaient que quatre braves pour aller arrêter, dans son camp, le magot coiffé de linge ; faisant ainsi allusion à T. Louverture qui portait toujours un madras autour de sa tête. »

S’il est vrai que ces propos furent tenus, et il y en a grande apparence, ils devaient indisposer le général en chef[1]. Ces officiers présomptueux ignoraient que Pascal (qui n’était pas encore parti), était un de ses chauds affidés. Pascal et bien d’autres blancs l’en informèrent : de là ses préventions contre l’agent qui lui en avait suffisamment inspiré déjà par sa conduite envers J. Raymond. On peut croire que Pascal lui-même, allié à la famille de celui-ci, et qui avait trempé dans le renvoi de Sonthonax, dut prendre sa part dans l’humiliation subie par son beau-père, et envenimer d’autant plus les relations qu’Hédouville allait avoir avec T. Louverture. Pascal était secrétaire général de l’ancienne agence : nous ignorons s’il cessa ses fonctions aussitôt l’arrivée de l’agent : nouveau motif pour lui d’être mécontent, puisqu’il perdit sa position.

  1. Il est fort probable que ces propos furent tenus, lorsque T. Louverture vint sur l’habitation Descahos, le 28 avril. Il était aux Gonaïves quand il reçut les propositions de Maitland ; il n’était pas à la tête de son armée, et ces jeunes officiers ont pu voir en cela une sorte d’affectation à ne pas s’empresser de se rendre auprès d’Hédouville.