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Page:Ardouin - Étude sur l’histoire d’Haïti, tome 3.djvu/414

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le général en chef de l’armée de Saint-Domingue : on verra que son pays en profita.

En même temps, le général Hédouville arrivait aussi de France.

Il était parti de Brest le 30 pluviôse (18 février), avec les frégates la Bravoure, la Cocarde et la Syrène, et avait reçu l’ordre du Directoire exécutif de débarquer à Santo-Domingo. Le 7 germinal (27 mars) étant à la vue de ce port, il écrivit à Don Garcia et à Roume pour leur annoncer sa mission, et débarqua le même jour. Il fut reçu avec distinction[1].

Le général Michel, le chef de brigade Boerner, un brillant état-major, des officiers de toutes armes, des employés d’administration et 180 hommes de troupes, comme garde d’honneur, l’accompagnaient. La plupart restèrent à bord des frégates qui se rendirent peu après au Cap.

Pourquoi Hédouville ne s’y rendit-il pas tout d’abord avec ces navires de guerre ? C’est que sans doute le Directoire exécutif dut craindre que T. Louverture, qui avait osé forcer Sonthonax à s’embarquer, ne fût disposé à empêcher le nouvel agent de mettre pied à terre au Cap. D’un autre côté, l’envoyant dais la colonie huit mois après cet attentat, le Directoire dut penser qu’il était convenable qu’il se renseignât par Roume, des événemens qui auraient eu lieu depuis, afin de pouvoir mieux remplir sa mission, à l’égard de T. Louverture auquel il venait opposer son influence politique et sa réputation militaire, et de Rigaud

  1. Nous exprimons ici notre vive gratitude pour la gracieuse autorisation qui nous a été donnée, de consulter au ministère de la marine et des colonies, la correspondance officielle du général Hédouville avec T. Louverture, les autres généraux et fonctionnaires publics de Saint-Domingue. Si les inductions que nous tirerons de sa mission dans cette colonie ne paraissent pas judicieuses, on devra en accuser notre esprit et non pas notre cœur.