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Page:Ardouin - Étude sur l’histoire d’Haïti, tome 3.djvu/396

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Dans l’Ouest, la légion de l’Égalité se partageait entre les arrondissemens de Jacmel et de Léogane, et dans cette dernière ville était un autre régiment formé des troupes dont Laplume avait eu le commandement : Nérette en était alors le colonel[1].


Du côté des Anglais, un nouveau général nommé White était arrivé dans le mois d’août ; il remplaça Simcoë parti pour l’Europe. Il paraît que ce dernier fit un tel rapport de la situation des choses, que le gouvernement britannique se décida à ordonner l’évacuation des points occupés.


Nous avons déjà dit un mot sur le discours prononcé le 29 mai, au conseil des Cinq-Cents, par Viennot Vaublanc, colon de Saint-Domingue et chef du parti royaliste dans cette assemblée. La fibre coloniale s’était émue en lui, en apprenant les succès du nouveau règne de Sonthonax dans ce pays où il travaillait à l’élévation des noirs qu’il avait, le premier, émancipés. Viennot Vaublanc fît une sortie furibonde contre lui et contre les noirs ; et sans porter intérieurement plus d’intérêt aux hommes de couleur, il prit cependant la défense de Rigaud, proscrit et par Sonthonax et par le Directoire exécutif, uniquement pour faire de l’opposition à ce gouvernement. En parlant du régime militaire de la colonie, il avait dit :

« Et quel gouvernement militaire ? À quelles mains est--

  1. Ce régiment devint ensuite la fameuse 11e demi-brigade, sous Métellus. Avant la formation de sa garde à pied, Pétion s’appuyait principalement sur ce corps dont l’attachement de Métellus lui assurait le dévouement.

    L’historique de nos corps de troupes est à faire. N’y aura-t-il donc pas parmi nos jeunes militaires, quelqu’un qui veuille entreprendre cette œuvre patriotique ? Que de choses à dire de ces braves soldats et de leurs chefs !