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Page:Ardouin - Étude sur l’histoire d’Haïti, tome 3.djvu/378

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Il y fait l’éloge de Desfourneaux, que cependant il a vexé et laissé enfermé dans un fort comme un homme dangereux.

Parti du Cap sur l’Indien, le 25 août, il ne put relâcher au Ferrol, en Espagne, que le 11 novembre suivant, le navire ayant éprouvé des tempêtes affreuses. De là, il se rendit à Paris où il prit siège au conseil des Cinq-Cents, le 16 pluviôse an vi (4 février 1798), jour anniversaire du décret de la convention nationale sur la liberté générale.


Après son départ, T. Louverture et J. Raymond sentirent la nécessité d’expliquer, sinon de justifier la violence faite à l’autorité de la métropole, dans l’embarquement forcé du chef de l’agence. À cet effet, le colonel du génie Vincent partit pour France, chargé de leurs dépêches et d’instructions verbales, pour relater les faits au gouvernement français. T. Louverture, en transmettant ses calomnies contre Sonthonax, assura ce gouvernement de son dévouement et de celui des noirs ; il répondit, sous sa responsabilité personnelle, de rétablir l’ordre et de produire d’heureux résultats.

Le 12 septembre, il écrivit une lettre à Laveaux pour lui reprocher de ne lui avoir pas donné de ses nouvelles depuis son départ, et lui renouveler ses protestations d’attachement, en lui parlant de la députation qui allait rendre compte de l’événement du départ de Sonthonax et qui était chargée aussi de l’en entretenir. Il voulait évidemment se faire un appui de Laveaux qui était lui-même parti mécontent de Sonthonax.

Le 15 septembre, il adressa aussi une lettre à Roume, en lui envoyant copie de son rapport au Directoire exécutif. Il y accuse Sonthonax du projet d’indépendance, dont il lui aurait fait des confidences en différentes fois ; il le qua-