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Page:Ardouin - Étude sur l’histoire d’Haïti, tome 3.djvu/377

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ce serait sans doute celui dont la vie politique na été qu’une révolte continuelle contre la France. T. Louverture a été l’un des chefs de la Vendée de Saint-Domingue. Par l’impulsion de ces mêmes émigrés qui l’entourent aujourd’hui, il organisait en 1791 la révolte des noirs et le massacre des blancs propriétaires…  »

Voilà encore un nouveau témoignage en faveur de ce que nous avons dit de lui dans notre premier livre.

Enfin, Sonthonax termine ce discours par cette étonnante défense présentée en faveur des colons  : « Si les colons se sont livrés à des écarts répréhensibles, n’est-ce pas à l’ignorance, à l’absence des lois, qu’il faut s’en prendre, plutôt que de les accuser d’intentions perfides ?  »

Nous repoussons encore l’imputation qui lui fut faite de vouloir l’indépendance de Saint-Domingue et le massacre des Européens ; mais en résumant ainsi la conduite antérieure de T. Louverture ; en excusant, en défendant les colons, il condamne la politique tortueuse du Directoire exécutif et la sienne propre, qui le portèrent à lancer l’anathème contre les hommes de couleur, pour tout accorder à T. Louverture : honneurs, dignités, autorité. Dans les débats, il avait démontré jusqu’à l’évidence les torts, les crimes des colons, en prouvant la bonne conduite des hommes de couleur ; et au 4 février 1798, après avoir employé tous les moyens possibles pour détruire le prestige et l’influence de ces derniers, il venait excuser ces mêmes colons, les défendre de toutes perfides intentions ! Ce discours, enfin, n’est qu’une longue suite d’inconséquences de Sonthonax avec lui-même : son amour-propre outragé par son renvoi de la colonie, égara sa haute raison et troubla cette capacité incontestable qui le distinguait.