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Page:Ardouin - Étude sur l’histoire d’Haïti, tome 3.djvu/340

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Quatre jours auparavant, il écrivait à T. Louverture : « Je vous prie de surveiller les émissaires de Rigaud qui arrivent furtivement aux Gonaïves. Dominique, du Cap, est l’un des principaux agens de correspondance[1]. »

Le 28 juin, les députés dans l’Ouest apportent à Bauvais et à Laplume des lettres qui les recommandent et font connaître le but de leur mission.

Sonthonax s’efforce de persuader à Bauvais que Rigaud le fera chasser de Jacmel, comme il en a été d’A. Chanlatte.

« Vous êtes environné de traîtres qui vous livreront aux rebelles du Sud. Le danger que vous courez n’est point imaginaire ; il est imminent : des hommes sûrs qui sortent d’auprès de vous m’ont donné les renseignemens les plus précis et les plus vrais sur votre position et sur les desseins de Rigaud. Il est donc de votre intérêt comme de celui de la République, de vous concerter une bonne fois avec le général Laplume et les représentans du peuple, pour faire avorter les projets de Rigaud. La commission attend de vous des mesures fortes et imposantes. Vous avez bien commencé ; il ne s’agit plus que de bien finir. »

À Laplume : « Ces trois citoyens se rendent près de vous pour vous aider à déjouer les intrigues de Rigaud ; ils sont chargés de ramener, dans la dépendance de Léogane et de Jacmel, le calme et la paix intérieure, le règne des lois et l’obéissance à ses organes. Le citoyen Gracia Lafortune… a déjà rempli une pareille mission dans la partie de l’est du département du Nord… ; il est de nation africaine, et je crois même de la vôtre [2]. Son

  1. C’est cette lettre de Sonthonax que nous avions annoncée au chapitre XI : elle prouve ce qu’ont avancé Gatereau et Kerverseau, sur la correspondance dont Rigaud prit l’initiative.
  2. Laplume était Africain, de la nation des Congos.