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Page:Ardouin - Étude sur l’histoire d’Haïti, tome 3.djvu/34

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aux autres traîtres qui étaient encore dans les rangs des Anglais, qu’ils pouvaient espérer aussi l’oubli de leurs torts ?

Dans l’assaut contre Léogane, les officiers qui signalèrent leur bravoure furent Marc Borno, Faubert, Renaud Desruisseaux, et Pétion dans la prise du fort Ça-Ira, outre Rigaud personnellement : pour mieux dire, toute cette armée se conduisit avec la plus grande valeur. Rigaud nomma Marc Borno, commandant de la place. Ce succès glorieux, après l’arrestation de Montbrun, lui donna la prépondérance dans l’Ouest comme dans le Sud.


Le 7 octobre, étant au Port-de-Paix, Laveaux expédia aux États-Unis, pour se rendre en France, Seguinard et Grandet, chargés de rendre compte à la convention nationale et au comité du salut public, de la situation des affaires dans la colonie.

Le 29, il se rendit au Cap, accompagné de Pageot, commandant de la province du Nord, d’Henri Perroud, ordonnateur général des finances, et de Richebourg, payeur général. Il déclare lui-même, que Villatte vint au-devant de lui avec une nombreuse cavalerie, et lui fît l’accueil le plus flatteur ; qu’il trouva toutes les troupes et la garde nationale dans une tenue admirable : les forts, l’arsenal étaient dans l’état le plus parfait. Il rend justice à ce sujet à Villatte, B. Léveillé, Pierre Michel et Guillement. Il y avait alors un an que Laveaux était sorti du Cap. Pageot n’y avait jamais paru, étant aussi toujours au Port-de-Paix. Laveaux dit encore que la municipalité était en mésintelligence avec Villatte. L’esprit factieux de cette ville surnageait toujours. Ce corps civil contestait sans doute l’influence dans les affaires, à l’autorité militaire qui, ce-