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Page:Ardouin - Étude sur l’histoire d’Haïti, tome 3.djvu/339

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étaient rendus aux Gonaïves pour lui être encore expédiés ; mais le 29 juillet, il écrit à T. Louverture : « Le rapport que m’ont fait Mentor et Annecy, et qu’ils vous ont fait sans doute à vous-même sur la situation de l’Ouest, me fait trop mal présumer de la faiblesse de ce général (Laplume), pour ne pas craindre avec raison que ces mêmes armes tourneraient contre lui, et par conséquent contre nous. Cessez tout envoi d’armes et autres objets. »


Inquiet de l’influence qu’exerçait Rigaud, qu’il avait contraint à la scission, à la rébellion, Sonthonax avait imaginé la mission dans l’Ouest, de Mentor, Annecy et Gracia Lafortune, trois noirs, pour détruire cette influence aux yeux des noirs de Léogane, de Jacmel et des campagnes qui avoisinent ces villes. Les deux premiers, députés élus en avril au corps législatif, avaient été retenus pour cette mission, tandis que les autres se rendaient en France. Le troisième était un honnête homme, africain d’origine. Cette mission fut conçue après l’entrevue de Laplume avec Rigaud. Une lettre à T. Louverture, du 24 juin, lui dit :

« Les représentais du peuple, Mentor et Annecy, partiront dans six jours pour se rendre à Léogane, et il n’y a pas de doute que leur présence ne fasse bon effet auprès de notre ami Laplume. Ils vous verront en passant et prendront vos instructions. Je vous prie de vous joindre à moi pour faire sentir au général Laplume tout le danger de son entrevue avec Rigaud ; elle a été secrète : ce qui est de la plus périlleuse conséquence auprès de nos frères les noirs, qui vont perdre confiance dans le chef que nous leur avons donné dans l’Ouest. »