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Page:Ardouin - Étude sur l’histoire d’Haïti, tome 3.djvu/317

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ronne militaire qu’il avait obtenue avec le grade de général de division. Il eut l’ordre ou l’autorisation de s’emparer d’abord du bourg du Mirebalais où les Anglais s’étaient maintenus jusque-là, se reliant avec d’autres points, également en leur possession.

De son côté, Sonthonax n’était pas fâché de prouver en France qu’il savait pousser avec vigueur les affaires militaires comme celles qui tenaient à la politique, et qu’enfin il était un homme nécessaire à Saint-Domingue. Pour mieux faire réussir T. Louverture sur qui il avait ses vues, il ordonna à Desfourneaux, commandant du Nord, de marcher aussi contre Vallière, afin d’en chasser les Anglais, et des hauteurs où ils se tenaient dans le voisinage de Banica. Le plan de cette campagne (suivant Pamphile de Lacroix) avait été préparé par le colonel du génie Vincent. Les colonels Moïse, H. Christophe et Charles Chevalier contribuèrent beaucoup à son succès : le 5 mars, Vallière fut pris.

Au lieu de marcher contre Banica, Desfourneaux revint au Cap, probablement pour ne pas trop aider aux succès de T. Louverture : ce qui mécontenta Sonthonax[1].

Pendant ce temps, T. Louverture marchait contre le Mirebalais qu’il enleva, le 9 avril, aux mains du vicomte de Bruges. Il ne s’y arrêta pas ; il envahit les montagnes des Grands-Bois, et intercepta ainsi toutes communications entre les Anglais qui occupaient alors Las Caobas, Banica, Las Matas, Saint-Jean et Neyba. Ces bourgades furent évacuées, et leurs garnisons se concentrèrent au

  1. Après cette campagne, Sonthonax promut Moïse au grade de général de brigade, Je 19 mars, et Laplume le 20. Peu après, il éleva au même grade J. J. Dessalines et Clervaux, et Paul Louverture à celui de colonel. Etienne Mentor fut fait adjudant-général, sur la demande de T. Louverture. Jacques Boyé l’était déjà, au 26 janvier ».