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Page:Ardouin - Étude sur l’histoire d’Haïti, tome 3.djvu/305

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« Les ressources de l’administration vicieuse de la colonie, entièrement épuisées ; une dette énorme, un crédit ruiné ; la culture faiblement encouragée… »

Voilà quelle était cette situation. Il ne peut pas être question ici du département du Sud, où les délégués ont trouvé assez de fonds pour porter leurs dépenses personnelles à 300 mille fr. en deux mois, après de 7 millions, pour autres dépenses.

À l’égard de l’Ouest, le même rapport de Marec nous fait savoir qu’il fut tiré pour 300 mille francs en lettres de change sur le trésorier de Jacmel ; ensuite, que quelques factieux de Léogane (les officiers de la garnison) s’opposèrent à l’envoi au Cap de 300 autres mille francs demandés par l’agence ; ensuite encore, qu’il fut pris 100 milliers de café à Jacmel.

Quand on lit de telles choses, et qu’on voit attaquer, persécuter Rigaud et ses frères, uniquement parce qu’il a plu au Directoire exécutif et à ses agens, d’imaginer un système de réaction contre eux, peut-on ne pas entrevoir dans un avenir plus ou moins éloigné, le divorce de Saint-Domingue avec la France ?

Aussi Perroud s’empressa-t-il (d’après Marec) de donner sa démission. Mais, comme cet homme à peau blanche avait fait deux écrits contre les hommes à peau jaune, l’agence lui donna le titre d’agent maritime de la République à la Havane. Il fut remplacé par un nommé Thibault, ci-devant ordonnateur à Tabago.

« Les agens, dit Marec, voulant sortir d’incertitude sur l’état des finances de la colonie, connaître à cet égard toutes ses ressources, rassurer les habitans et les commerçans étrangers, ont adopté un plan d’administration générale, basé sur des principes propres à inspirer la con-