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Page:Ardouin - Étude sur l’histoire d’Haïti, tome 3.djvu/29

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Le 12 septembre, le gouverneur-général adressa une proclamation aux habitans de Saint-Marc, pour les inviter à revenir au giron de la République. Elle leur promettait l’oubli du passé ; mais elle les avertissait que, s’ils persistaient dans leur trahison, il donnerait l'ordre à T. Louverture de saccager cette ville.

Dans le même temps, ce dernier fît proposer au major Brisbane de se livrer à lui, avec les points qu’il occupait déjà, notamment les Gonaïves. L’entrevue devait avoir lieu au Pont-de-l’Ester. Les uns disent que Brisbane était sur le point de s’y rendre, lorsqu’il fut conseillé de ne pas trop se fier à son adversaire, vieilli dans la dissimulation : ce qui le porta à envoyer le colonel Gautier à sa place. D’autres prétendent que l’entrevue se fît avec beaucoup de précautions de la part de Brisbane, qui y amena des forces respectables, pourvues d’artillerie ; que les deux armées fraternisèrent pendant huit jours, et qu’enfin T. Louverture livra effectivement les Gonaïves, croyant y attirer Brisbane, qui se serait contenté d’envoyer Gautier.

D’après Laveaux, nous avons lieu de croire erronée cette dernière version. Il dit que si T. Louverture arrêta Gautier dans leur entrevue, ce fut pour se venger de Brisbane qui lui avait enlevé deux officiers par trahison ; qu’il lui avait effectivement proposé de se voir, pour pouvoir arrêter cet Anglais lui-même.

Gautier, envoyé au Port-de-Paix, fut considéré par Laveaux comme un traître, et subit la mort avec courage. C’était un émigré français.

T. Louverture n’usa à l’égard de cet ennemi, que du droit de représailles, puisque Brisbane lui avait enlevé des officiers par trahison.

Après cet incident, il marcha contre Saint-Marc qui,