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Page:Ardouin - Étude sur l’histoire d’Haïti, tome 3.djvu/242

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Tels sont les renseignemens que nous fournissent le rapport de cette délégation et celui de Marec, que nous avons sous les yeux. Mais nous avons assez fait remarquer quel était le système que l’agence avait reçu mission d’établir à Saint-Domingue, pour que l’on comprenne celle de la délégation. Les services rendus à cette colonie par tous les hommes employés dans le Sud, dont la plupart avaient été placés par Polvérel, n’étaient certainement pas contestables ; ceux qu’avaient rendus Gavanon et Duval Monville, placés par Rigaud, ne l’étaient pas davantage ; car le département du Sud se suffisait sous le rapport des finances : ces deux blancs, dévoués à la France, à leur patrie, les administraient au moins aussi bieii, que Perroud dans le Nord ; ils n’avaient pas, eux, créé un papier-monnaie pour le faire racheter par des compères, à vil prix[1]. Mais, il paraît que le but de leur destitution était de parvenir à travailler aussi le Sud en finances.


Maintenant, quels étaient les délégués et leurs acolytes ?

Leborgne (de Boigne), Rey et Kerverseau formaient le triumvirat délégué. Avec eux venaient, d’abord, Arnaud Pretty et Idlinger. Desfourneaux fut envoyé trois semaines après. Il avait pour aide de camp, un jeune noir nommé Édouard.

Nous avons promis un supplément de renseignemens relatifs à Leborgne, en parlant de ses antécédens dans le 8e chapitre. C’est lui qui nous les fournit dans un écrit qu’il publia en 1794, à Paris, où il se défendait d’une inculpation de vol d’un diamant à Sainte-Lucie, vers 1784. Il dit :

  1. « En fait de gouvernement, il faut des compères, sans cela la pièce ne s’achèverait pas. » — Napoléon, d’après le dictionnaire de Bescherelle. — En fait de finances gérées avec infidélité, il faut aussi des compères.