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Page:Ardouin - Étude sur l’histoire d’Haïti, tome 3.djvu/226

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Pendant que Laveaux allait prendre possession du Fort-Liberté, le 14 juin, les Anglais vinrent s’emparer de Bombarde avec deux mille hommes de nouvelles troupes qu’ils venaient de recevoir au Môle. Mais la fièvre jaune s’étant déclarée bientôt parmi les vainqueurs, ils se virent forcés d’abandonner leur conquête. Le général Pageot, qui s’était porté de ce côté là pour empêcher qu’ils ne s’étendissent plus loin, profita de leur retraite pour les assaillir : ils perdirent quelques centaines d’hommes et deux pièces de canon.

Nous avons dit que dans les premiers jours de mai, au moment où l’agence arrivait au Cap, Étienne Datty avait, une seconde fois, soulevé les noirs des montagnes du Port-de-Paix, en tuant des hommes de couleur, d’après le témoignage même de T. Louverture, qui envoya alors trois de ses officiers pour arrêter le cours de ces assassinats. L’agence s’était empressée de déléguer Albert, ( l’ancien délégué dans la Grande-Anse avec Pinchinat et Nicolas Delétang) pour diriger ces moyens de répression. Étienne Datty et une douzaine de ses complices furent arrêtés et livrés à un conseil de guerre, qui condamna à mort ce chef de brigands et cinq parmi les autres : le 10 septembre, ils furent exécutés au Port-de-Paix. Mais, quelques semaines après, les noirs de ce quartier se soulevèrent de nouveau, à cause de ces exécutions à mort. Pageot leur était devenu odieux et ne pouvait les comprimer ; l’agence et Laveaux requirent T. Louverture de se rendre sur les lieux.

Il réussit à apaiser cette révolte ; mais il ne fit arrêter aucun des brigands qui s’étaient signalés par de nouveaux assassinats. En dressant un procès-verbal à ce sujet, il y consigna que les révoltés demandaient Levasseur,