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Page:Ardouin - Étude sur l’histoire d’Haïti, tome 3.djvu/172

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général, et Laveaux et T. Louverture, il leur écrivit, ainsi qu’à Perroud, pour leur annoncer son arrivée et les inviter à lui envoyer des commissaires de leur choix, afin de lui expliquer les détails de l’affaire du 30 ventôse, en les autorisant à prendre à ce sujet et sous sa direction, toutes les résolutions qui seraient jugées convenables dans l’intérêt de la chose publique. N’ignorant pas les préventions de Laveaux et de Perroud contre Pinchinat, et par suite contre Rigaud, Bauvais et tous les hommes de couleur, il jugea convenable en même temps, d’inviter ces deux généraux à lui envoyer aussi des commissaires, avec la même autorisation.

Laveaux députa Perroud lui-même qui fut accompagné de quelques officiers noirs, nommés députés par Laveaux, et sans doute par T. Louverture, ou pour ce dernier en son absence du Cap. Mais le 23 avril, étant au Fort-Dauphin, Perroud écrivit à Laveaux, que le marquis de Casa Calvo s’opposait à ce que ces officiers noirs se rendissent à Santo-Domingo, et qu’il était forcé de partir seul sur unbrigde guerre espagnol.

Nos documens ne nous apprennent pas qui fut le représentant de Villatte. Bauvais choisit Jacques Boyé, et Rigaud envoya Sala, deux hommes honorables parmi les blancs.

Le 25 floréal (14 mai), la conférence entre les divers commissaires eut lieu sous la présidence de Roume. Celui-ci, après avoir entendu la relation de l’affaire du 30 ventôse et des circonstances qui lavaient précédée, leur dévoila toutes les intrigues du parti colonial, en France, auquel il attribua tout ce qui s’était passé au Cap depuis quelque temps, par la correspondance que ce parti entretenait. Le rôle qu’avait joué au Cap, de l’aveu même de