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Page:Ardouin - Étude sur l’histoire d’Haïti, tome 3.djvu/142

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cipalité, en écharpes, avec une suite nombreuse de citoyens, est venu me faire sortir. Je suis entré avec Perroud dans la salle municipale, aux grands applaudissemens du peuple, surtout de mes enfans adoptifs (les noirs). J’ai dit, par amour pour le bien, que je ne poursuivrai pas les coupables. Mais un pareil crime ne peut s’oublier ; et ce même jour, à 4 heures du soir, Perroud et moi, nous avons été remercier nos libérateurs qui étaient bien décidés à exécuter tes ordres… »

Villatte étant déjà sorti du Cap, Laveaux dit ensuite à T. Louverture : « Il faut, mon ami, que tu m’envoies des forces pour réduire sur le champ ces rebelles. S’il t’est possible de venir, tu me feras grand plaisir. »

À son tour, Perroud écrivit aussi en France et dit :

« J’étais occupé des opérations qui me sont confiées, lorsqu’une horde de mulâtres, se précipitant sur moi, m’arrachent des bras de ma famille éplorée et m’entraînent, au nom du peuple français » Le reste s’accorde avec ce qu’en dit Laveaux, quant à l’emprisonnement de Perroud.

On remarquera que le gouverneur a dit au gouvernement français que sa chambre fut remplie d’hommes, sans particulariser de quelle couleur ils étaient ; et que ce n’est qu’à T. Louverture qu’il déclare qu’ils étaient tous des mulâtres. Perroud a été plus précis à cet égard : sa phrase est plus calculée, ce sont les mulâtres qui prétendaient agir au nom du peuple français.

Le fait est, que des hommes des trois nuances de peau, blancs, mulâtres et noirs, se réunirent en cette circonstance pour commettre cet attentat. Peut-on croire qu’il en fût autrement, lorsqu’on lit les précédentes dénonciations de Laveaux au gouvernement français, contre des