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Page:Ardouin - Étude sur l’histoire d’Haïti, tome 3.djvu/141

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Telle fut la version de cette odieuse arrestation, transmise par Laveaux en France. Le 26 mars, il écrivit à T. Louverture et lui rendit compte aussi de cette affaire. Nous remarquons dans cette relation, les variantes suivantes :

«Que tous les assaillans qui entrèrent chez lui, étaient tous citoyens de couleur, pas un citoyen noir, pas un blanc… Vous êtes des assassins, leur dis-je, je suis sans armes. En même temps, une douzaine sautent sur moi, en disant : Au nom du peuple, on va le traîner au cachot. Je leur dis : Où est la municipalité ? — Nous n’en avons pas besoin. Marche, coquin, répond-on. — Non, leur dis-je, vous n’êtes pas le peuple ; il n’y a ni citoyens noirs, ni citoyens blancs : vous êtes des assassins. »

Ici, Laveaux dit les choses avec un peu plus de détails, quant à son emprisonnement au cachot.

« J’ai resté, continua-t-il, le 30 et le 1er germinal (20 et 21 mars) jusqu’à 8 heures et demie du soir sans voir personne, sans aucun secours. À 8 heures et demie, la municipalité est venue me trouver et me dire qu’elle était au désespoir de mon arrestation ; qu’elle était aussi injuste qu’abominable, et qu’elle espérait me faire sortir sous peu. Les moyens qu’on avait employés avaient prolongé singulièrement ma sortie : on voulait consulter toutes les autres municipalités. Mais le brave colonel Pierre Michel, avec son régiment, le brave Barthélémy, Thomas, Mondion, Flaville, Cagnet, Romain, le brave Pierrot (tous officiers noirs), chacun à la tête de leurs troupes, se sont réunis au colonel Pierre Michel qui a formellement refusé d’obéir aux ordres de Villatte, qui, sans doute, avait résolu ma perte. Grâce à leur activité, grâce aux lettres menaçantes que tu as écrites, les méchans ont tremblé ; et à 9 heures du matin, le 2 germinal (22 mars) je suis sorti. La muni-