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Page:Ardouin - Étude sur l’histoire d’Haïti, tome 3.djvu/12

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gère, parce que déjà il se plaignait de Villatte à cet égard : esprit étroit, d’une incapacité politique qui sera prouvée, il avait commencé ce système de dénigrement contre les hommes de couleur, qu’il développa par la suite, et qu’il fît adopter par le Directoire exécutif.


Quoi qu’il en soit, nous avons déjà vu que Laveaux s’était empressé de pourvoir au rétablissement des cultures dans le voisinage du Port-de-Paix. Il continua les mêmes soins, et trouva en T. Louverture un administrateur qui le seconda parfaitement, en appliquant aux travaux des campagnes tous les hommes qui n’étaient pas nécessaires à la défense du territoire. Dans le voisinage du Cap, il en fut de même de la part de Villatte.

Dans l’Ouest et dans le Sud, Montbrun, Bauvais et Rigaud rivalisèrent dans de pareils soins.

Les règlemens de culture contenus dans les proclamations relatives à la liberté générale avaient tout prévu à cet égard. Partout on les exécuta, afin de pourvoir aux premières nécessités de la vie, et d’obtenir des denrées d’exportation. Ces denrées attirèrent bientôt dans les ports des navires du commerce des États-Unis et des autres nations neutres, qui échangèrent leurs marchandises contre elles, en apportant aussi de la poudre et du plomb dont on avait le plus pressant besoin.


De leur côté, les Anglais qui n’avaient que peu de troupes dans les lieux qu’ils occupaient, les voyant atteintes par la fièvre jaune endémique au climat des Antilles, où un soleil vengeur venait au secours des hommes que ces étrangers replaçaient dans l’esclavage, durent songer à se créer des défenseurs avec les traîtres qui s’é-