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Page:Ardouin - Étude sur l’histoire d’Haïti, tome 3.djvu/113

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mettent en mesure de combattre ; mais Villat te leur déclare que s’ils font feu, ils seront tous exterminés : il les harangue et réussit à les convaincre de se disperser.

Cet heureux résultat obtenu par le courage et la fermeté de Villatte, ne prouve-t-il pas l’empire qu’il exerçait sur les noirs, une sorte d’attachement pour lui de leur part, et que si ce général était en mésintelligence avec Laveaux, du moins ce n’était pas quand il fallait remplir son devoir de militaire ? Si Laveaux avait été moins prévenu contre les hommes de couleur, cette circonstance n’eût-elle pas été une occasion pour lui de s’attacher Villatte, de se réconcilier avec lui ? Mais, peut-être ne l’aurait-il pas pu alors ; car par tout ce que nous avons vu précédemment, il est évident que ses passions s’étaient déjà donné un maître exigeant, en T. Louverture : il ne lui était plus permis de ne rien faire sans son aveu.

Après la mort de Titus et la dispersion de ses bandes, le marquis de Rouvray et le baron de Cambefort, émigrés à la solde de l’Angleterre, réussirent néanmoins à réorganiser une partie de ces anciens soldats de Jean François, en se mettant à leur tête dans le voisinage de Banica. Ces faits se passèrent à la fin de février.


La corvette la Vénus était partie du Cap le 13 de ce mois. Chassée par un vaisseau anglais, elle était rentrée au Borgne et ensuite au Port-de-Paix d’où elle remit à la voile : elle réussit à se rendre en France. Les seuls députés de T. Louverture, (Caze aîné, Viart et Lacroix) partirent sur ce bâtiment. Villatte renonça à envoyer Hennique, et Pinchinat. Sala et P. Fontaine renoncèrent aussi à partir pour la France : ils remirent leurs dépêches au capitaine Desageneaux. Examinons leurs motifs.