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Page:Ardouin - Étude sur l’histoire d’Haïti, tome 3.djvu/112

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d’armes et ces assassinats : il le dit, tandis qu’il avait écrit la vérité du fait, en France.


Immédiatement après la nouvelle reçue de la paix entre la France et l’Espagne et de la cession de la partie espagnole, les Anglais et les émigrés avaient combiné leurs mesures pour s’emparer du Fort-Dauphin, à l’aide d’intelligences qu’ils s’y ménagèrent avec un noir nommé Titus, ancien officier de l’état-major de Jean François, qui y était resté avec le titre de brigadier des troupes auxiliaires. Ils lui firent passer 1200 fusils, des pistolets et autres armes, de la poudre et de l’argent, pour réunir le plus de monde possible, des anciennes troupes noires licenciées au moment du départ de Jean François pour la Havane. Titus forma un camp dans la paroisse de Vallière au Maribaroux, d’où il menaçait la partie française, ne reliant ses opérations avec les Anglais postés à Banica et au Mirebalais. En même temps, les Anglais formèrent un camp à la Pointe Isabellique, où ils recevaient des bestiaux des Espagnols et d’autres approvisionnemens en violation, du traité de paix : de là, les bâtimens de guerre mouillés dans le port d’Isabellique et dans la baie de Mancenille, devaient se porter sur le Fort-Dauphin pour s’en emparer. Ils firent une descente à cet effet dans le voisinage de cette ville.

Mais Laveaux ordonna à Villatte de marcher contre Titus. Villatte partit du Cap avec de l’infanterie et 200 hommes de cavalerie. Il réussit, pendant la nuit, à surprendre le camp de Titus. Le chef de bataillon Beaucorps, mulâtre, fait entourer la case où était Titus : celui-ci, réveillé, veut faire feu sur Beaucorps ; mais ses armes le trahissent, Beaucorps le tue. Les bandes de Titus se rallient, et se