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Page:Ardouin - Étude sur l’histoire d’Haïti, tome 3.djvu/108

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fit feu sur le colonel Pierre Michel, qui revenait au Cap avec six hommes.

En son absence du Cap, un bâtiment espagnol y était arrivé avec 200 prisonniers français, tous blancs. Villatte les accueillit fort mal : ils étaient blancs, dit Laveaux, c’était assez pour que cet officier général ne leur permît pas de descendre à terre. Ainsi, voilà Villatte ordonnant de tirer sur les noirs et refusant à des blancs de descendre au Cap ! Et cependant, Villatte était aussi aimé d’une grande portion des blancs comme de tous les noirs de cette ville, pour avoir partagé leurs dangers, leurs privations de toutes sortes.

Laveaux envoya ces militaires français au Port-de-Paix qu’il croyait en parfaite tranquillité. Mais, des émissaires de Pinchinat y avaient excité les noirs à la révolte. Un noir nommé Étienne Datty et son secrétaire avaient fait arrêter un inspecteur noir des travaux de la culture, fort ami des blancs. Ils attaquèrent un autre noir nommé Vincent, commandant du poste Aubert, et Pageot fut obligé de sortir du Port-de-Paix, pour le soutenir et reprendre le poste sur les insurgés. Ceux-ci avaient eu le temps d’égorger plusieurs blancs et plusieurs mulâtres. Ce serait donc Pinchinat qui aurait fait tuer ces hommes ! Mais Laveaux ne dit pas que le secrétaire d’Étienne Datty était lui-même un blanc qui paraît avoir poussé cet homme à ces crimes, et qu’il fut soupçonné de connivence avec les Anglais, qui s’efforçaient de gagner les noirs de ces quartiers à leur cause, selon les accusations générales de cette époque.

Des désordres eurent lieu en même temps à la Tortue, à Saint-Louis, au Borgne ; et Pageot (dit Laveaux), soupçonna les mulâtres Delair et Levasseur, qui étaient à