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encore. Mais Laveaux et Perroud, usant des pouvoirs que leur conférait le décret du 23 juillet, refusèrent l’autorisation réclamée ; ils permirent seulement à Rigaud et Bauvais d’envoyer en France des personnes chargées de porter a la convention nationale et au comité de salut public, l’expression de leur gratitude pour les brevets qu’ils avaient reçus, en même temps qu’ils donnaient à T. Louverture et à Villatte une autorisation semblable. La Vénus devant partir du Cap le 16 décembre, Pinchinat et ses deux compagnons s’y rendirent à cet effet pendant que Laveaux était au Port-de-Paix.

De son côté, Villatte choisit pour cette mission un nommé Hennique, et T. Louverture désigna Caze aîné, Viart et Lacroix. T. Louverture fit prêter serment par écrit à ses trois envoyés, de bien remplir leur mission, défaire connaître sa valeur, ses travaux, ses conquêtes, son amour pour l’agriculture, etc. Ce serment fut prêté le 7 décembre, ils se rendirent au Cap après que Pinchinat et ses compagnons y étaient déjà arrivés.

À cette occasion, Laveaux prétend que Villatte reçut ces derniers chez lui, et qu’il refusa de loger les envoyés de T. Louverture, qu’il reçut alors dans sa demeure, et que c’est dès lors que commencèrent les intrigues qui aboutirent à son arrestation et à celle de Perroud, dont nous parlerons ensuite ; car les mulâtres accoururent de toutes parts pour voir et consulter l’oracle Pinchinat.

Si le lecteur se rappelle les termes de la lettre de Desfourneaux à Laveaux, datée du Môle, il ne s’étonnera pas de ceux dont se sert ici le gouverneur général à l’égard de Pinchinat qui, suivant Desfourneaux, s’était ligué avec Montbrun pour le faire assassiner ainsi que Sonthonax. Prévenu déjà depuis le mois de mars 1794, contre Pinchi-