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Page:Ardouin - Étude sur l’histoire d’Haïti, tome 2.djvu/75

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l’établissement de la République française, depuis l’arrestation et la déchéance prononcée contre Louis XVI.

Cette adresse aux paroisses de l’Ouest, en date du 1er janvier 1793, émanait des municipalités du Port-au-Prince et de la Croix-des-Bouquets[1]. Dans un tel plan, on voit déjà l’habileté de l’homme qui porta Toussaint Louverture à donner une constitution à Saint-Domingue, en 1801, dont il fut le principal rédacteur et signataire. B. Borgella se révèle déjà tout entier en 1793.


Les deux municipalités ne donnèrent aucune information de ce projet à Polvérel, alors aux Cayes ; il n’en fut instruit que par les papiers publics et par une lettre de la municipalité contre-révolutionnaire de Saint Marc. Fermement résolu à maintenir l’autorité de la commission civile et à déjouer les manœuvres des colons, ennemis de la France, il s’empressa de publier une proclamation où il rappelait ces êtres incorrigibles à leurs devoirs. Il y défendit « à toutes communes de l’Ouest, sous la responsabilité de leurs officiers municipaux, d’autoriser leurs commissaires à les représenter dans aucun corps ou assemblée délibérante, ou à prendre ou souscrire, en la dite qualité de représentans, aucune résoution, arrêté ou pétition sur les objets annoncés par les deux municipalités. » Sa proclamation était du 11 janvier 1793.

Cet acte, où la sagesse s’alliait admirablement à la vigueur, où il disait « que la formation seule d’un tel corps, délibérant sur le nouvel ordre de choses que la convention nationale avait établi en France, non-seu-

  1. Débats, t. 7, p. 220.