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Page:Ardouin - Étude sur l’histoire d’Haïti, tome 2.djvu/58

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à dire, cependant, que le directoire exécutif ne contribua pas à cette guerre ? C’est ce que nous examinerons plus tard.

Lorsque les colons du Port-au-Prince apprirent que Polvérel avait improuvé l’impôt du quart de subvention établi par la commission intermédiaire et sanctionné par Sonthonax, ils redoublèrent de témoignages de confiance envers Polvérel : leur but était d’exciter la mésintelligence entre ces deux agens de la métropole, pour pouvoir mieux les dominer, sinon les expulser. Ils offrirent à Polvérel des contributions volontaires pour subvenir aux dépenses publiques. Le Port-au-Prince offrit un million ; la Croix-des-Bouquets un million et demi ; d’autres communes de l’Ouest suivirent leur exemple, mais ces offies ne furent point exécutées. Le Port-au-Prince ne donna effectivement que 60,000 francs.


Rassurés enfin sur le bon esprit de la commune du Port-au-Prince et des autres communes de l’Ouest, suivant toutes ces apparences, les commissaires décidèrent entre eux que Polvérel y resterait, tandis qu’Ailhaud se rendrait dans le Sud. Celui-ci partit en effet, le 19 novembre, sur la frégate la Sémillante ; mais au lieu d’y aller, il se fît porter en France. Effrayé déjà des difficultés que rencontrait la commission civile, Ailhaud ne se sentit pas le courage de lutter plus longtemps contre les obstacles qu’il prévoyait pour l’avenir. À son arrivée en France, il subit une accusation qui n’eut pas de suite, parce que le conseil exécutif provisoire reconnut que la faiblesse de son caractère avait été seule cause de sa fuite. Ailhaud put se considérer heureux d’un tel résultat, surtout en 1795 ; mais ce qu’il a gagné en sécurité per-