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Page:Ardouin - Étude sur l’histoire d’Haïti, tome 2.djvu/485

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du Gros-Morne. Il fut également publié dans l’Ouest et dans le Sud.


Le 13 juin, la corvette l’Espérance remit à la voile. Polvérel et Sonthonax, prisonniers, emmenèrent avec eux Martial Besse qui alla recevoir en France la récompense de ses services, par sa promotion au gradede général de brigade[1]. Ce militaire leur fut d’un grand secours, dans l’accusation qu’ils portèrent contre Montbrun au comité de salut public : il l’envenima de tout le fiel de sa jalousie et de sa partialité brutale. Les commissaires civils, en terminant si malheureusement leur glorieuse mission par la reddition aux Anglais de la capitale de Saint-Domingue, eurent besoin d’en faire tomber la responsabilité sur le chef militaire qui la commandait. Voilà, selon nous, tout le secret de l’accusation portée contre Montbrun.

C’est par erreur que Garran, Pamphile de Lacroix et d’autres auteurs prétendent que Martial Besse resta à Saint-Domingue et contribua ensuite, avec Rigaud, à la reprise de Léogane dont nous parlerons dans la 3e époque. Martial Besse était à Brest pendant les Débats. Montbrun, dans ses écrits, affirme qu’il partit avec les commissaires civils : il ne dit rien d’A. Chanlatte, qui n’est arrivé en France qu’en prairial de l’an III[2].

  1. Il reçut ce grade après avoir combattu pour la convention nationale, au 13 vendémiaire.
  2. Débats t. 6, p. 338.