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Page:Ardouin - Étude sur l’histoire d’Haïti, tome 2.djvu/415

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prudente raison. Arrivé à Cuba où il fut envoyé, il tut détenu dans les prisons…[1] »

Après la trahison qui livra le Môle à un vaisseau de cinquante canons, lorsque les fortifications de cette ville étaient armées de cent cinquante bouches à feu de gros calibre, il n’est pas étonnant que plusieurs vaisseaux espagnols aient pu pénétrer dans la baie du Fort-Dauphin, puisque Vincent, blanc français comme Deneux, les a laissés passer sans tirer un seul coup de canon du fort Labouque. Candy et Knappe n’avaient pas assez de troupes pour opposer de la résistance à ces vaisseaux et à l’armée espagnole prête à donner l’assaut. Il ne fallait pas exposer ces troupes à être faites prisonnières de guerre. C’eût été la conséquence inévitable du moindre coup de fusil de leur part. Il fallait, en outre, éviter à la population de cette ville un assaut qui eût entraîné son sac.

Mais, voyez comme Candy étend sa prévoyance à cet égard : il capitule, il est vrai, mais il songe à la conservation de la vie et des propriétés de ses habitans ; il stipule, par rapport à eux, que les troupes noires de Jean François ne devront jamais être admises dans l’enceinte du Fort-Dauphin ; il les connaît pour avoir été dans leurs rangs, il sait de quoi elles sont capables ; et à cet instant, il redoute pour lui-même la vengeance de Jean François, qui ne lui pardonnera pas sa défection.

Cependant, que devient Candy ? Il est arrêté par les Espagnols qui ne lui pardonnent pas non plus sa soumission à Pageot, il est mis aux fers et envoyé à Cuba. Quant à Knappe et sa troupe blanche, comment sont-ils traités ? Au terme de la capitulation, ils sont renvoyés en

  1. On a dit, et l’on a cru que Candy et Savary furent envoyés aux mines du Mexique : c’est une erreur.