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Page:Ardouin - Étude sur l’histoire d’Haïti, tome 2.djvu/383

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Sainte-Claire, escortés de femmes et d’enfans blancs. Le fort Sainte-Claire, placé sur le rivage de la mer, ne leur offrait aucune défense du côté de la terre, ses canons de calibre formant une artillerie de place dirigée seulement contre les vaisseaux ; mais cette position indiquait parfaitement à Desfourneaux la route qu’il avait à suivre : l’instinct de sa conservation la lui avait indiquée.

Continuons l’examen de la première narration.

« La fusillade de la caserne, entendue par les citoyens nègres de la ville, les porta aux plus grands excès contre les blancs ; ils assassinèrent tous ceux qu’ils rencontrerent, principalement ceux trouvés en dehors de la ville. Plusieurs pères de famille furent égorgés dans leurs maisons, après en avoir défoncé les portes : notez qu’il n’y avait de blancs armés que ceux qui s’étaient incorporés (les anciens flibustiers). — La fusillade dura jusque vers cinq heures du matin, et recommença à huit heures par l’entrée de plusieurs nègres arrivés de la plaine ; nous perdîmes encore beaucoup de blancs dans cette matinée. Il fut formé quelques patrouilles pour la sûreté des blancs, de l’ordre du commissairee ; mais il s’en glissa d’étrangères qui, sous prétexte de conduire les blancs au quartier et dans les forts, les fusillaient avant d’y arriver. Néanmoins, il en fut accompagner quelques-uns au quartier qui, pendant un certain temps, n’étaient pas plus en sûreté — Montbrun écrivit une lettre à Sonthonax, à huit heures du matin, dans laquelle il lui prescrivait ce qu’il exigeait de lui ; l’embarquement du 48e régiment et son commandant, ainsi qu’un nombre de personnes qu’il lui désignait, l’assurant que, dans le cas contraire, il présumerait qu’on voudrait marcher contre lui et qu’il l’engageait de n’en rien faire, parce