Ouvrir le menu principal

Page:Ardouin - Étude sur l’histoire d’Haïti, tome 2.djvu/315

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


qu’a eu Polvérel de déclarer que son collègue, en le proclamant dans la province du Nord, le 29 août, n’était pas libre ; par le soin qu’il a eu de ne pas prendre la même chose sur lui, dans l’Ouest et dans le Sud ; que les moyens qu’il a pris pour atteindre le même but, plus adroits que celui employé par Sonthonax, ne sont par là même qu’un raffinement de tyrannie, puisqu’il se mettait personnellement à l’abri des reproches de cet impardonnable attentat, en donnant à la France, pour le vœu spontané des colons, une demande qu’il les a forcés de signer et dont il a dicté la formule, qui est la même pour tous les quartiers ; que cette conduite de la part de ces deux hommes est évidemment excédante de leur autorité ; qu’elle n’a pour but que d’enlever à la France la possession de cette colonie, puisqu’un pays d’Amérique, peuplé exclusivement d’Africains, de noirs, ne serait plus une colonie française ;

Considérant enfin, que ces deux agens de destruction ont été eux-mêmes frappés de nullité par la convention nationale, qui les a décrétés d’accusation, dès le 16 juillet dernier ; qu’à tout moment on doit s’attendre à recevoir officiellement, et ce décret et les instructions des comités de sûreté publique et des colonies pour son exécution ; que dès lors, et par ce fait seul, ils sont, depuis ce décret, sans qualité et déchus de toutes fonctions, de toute autorité ;

Ont arrêté et arrêtent entre eux ce qui suit :

Lesdits citoyens des paroisses de Saint-Marc, des Vérettes et de la Petite-Rivière, s’unissent et se coalisent fraternellement entre eux, pour résister à toute oppression et à l’introduction de tout nouvel ordre de choses ou nouveau système qui n’émanerait pas directement de l’autorité nationale.

Ils protestent formellement contre l’acte public qui a eu lieu à Saint-Marc, aux Vérettes et à la Petite-Rivière, par lequel ils ont déclaré affranchir les esclaves, et invitent les commisaires civils à solliciter de la France l’affranchissement universel ; ledit acte exprimant un vœu qui n’a jamais été dans leur cœur, et cette ombre d’assentiment ayant été arrachée à la faiblesse par la tyrannie. Ils protestent également contre toute ratification ou autre disposition tendant à l’affranchissement général, qui émanerait de la convention nationale, en tant qu’elles résultent de l’astucieuse et perfide machination dont cet acte a été le premier ressort.

Ils déclarent être parfaitement et en tout, soumis à la volonté nationale ; mais à la volonté nationale exprimée par des organes, et mise en action par des agens purs et incapables de la déguiser et de la