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Page:Ardouin - Étude sur l’histoire d’Haïti, tome 2.djvu/26

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4 avril, que parce qu’il avait manqué de moyens pour y résister. »

Les 17, 18 et 19 octobre, la plus grande agitation régna dans la ville du Cap. Les commissaires civils se virent forcés de prendre des résolutions énergiques pour y ramener la tranquillité.

En conséquence, ils ordonnèrent d’abord l’arrestation de Cambefort, colonel du régiment du Cap, de Touzard, lieutenant-colonel, et de trente trois autres officiers, sous-officiers et soldats du même corps, reconnus comme étant les auteurs de ces troubles. Le régiment tout entier devait être aussi désarmé, pour subir le même sort, mais les commissaires se relâchèrent de cette rigueur. Ils ordonnèrent aussi l’arrestation de Pomeyrole, directeur de l’artillerie, de Girardin, commandant de la station navale, et de Villéon, commandant du vaisseau le Jupiter, comme complice des premiers.

Le gouverneur d’Esparbès, gagné par eux et se refusant à l’exécution de ces ordres d’arrestation, les commissaires civils prononcèrent sa suspension et son renvoi en France avec les autres personnes, pour rendre compte de leur conduite à l’assemblée nationale. Le grand âge et les infirmités de d’Esparbès, commandant des ménagemens pour sa personne, les commissaires civils n’ordonnèrent que son embarquement, sans vouloir le priver de sa liberté : ils firent profiter aux autres de cet adoucissement inspiré par des sentimens d’humanité. Leur arrêté, rendu le 22 octobre, motiva ainsi les dispositions qu’ils ordonnèrent pour la distribution de tous les inculpés sur différens navires qui les ramenèrent en France.