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Page:Ardouin - Étude sur l’histoire d’Haïti, tome 2.djvu/232

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Dans le même temps, les blancs royalistes dont l’influence dans le Nord avait tant contribué à la révolte des esclaves, avaient imaginé un vaste plan, d’accord avec les agens espagnols, pour attirer tous les noirs de la partie française dans leurs intérêts. Polvérel fut prévenu de ce complot par Duvigneau, cet homme de couleur à qui lui et Sonthonax avaient adressé leur lettre, à l’occasion de la trahison de Brandicourt.

Polvérel se porta à la Petite-Rivière de l’Artibonite, foyer de la conspiration. Là, se trouvaient l’abbé Bousquet, qui remplissait les fonctions de procureur de la commune, et les deux frères Jean Guyambois et François Guyambois, deux noirs anciens affranchis du quartier de l’Artibonite. On a vu que l’un d’eux avait figuré dans la coalition de Saint-Marc, en 1792, entre les hommes de couleur et les blancs royalistes. De la Petite-Rivière, ils

    toute sa carrière aux choses coloniales, et dont le nom fut aussi redouté dans la guerre qu’honoré dans l’administration, le général Desfourneaux refonlait les Espagnols sur leur territoire, et livrait au gouverneur Garcia, sur les bords de l’Artibonite, le plus sanglant et le plus décisif combat de cette guerre. Il eut pour résultat la convention de 1795, annexe du traité de Bàle, qui déclara la France souveraine de la partie espagnole, plaçant ainsi toute l’île sous sa suzeraineté de droit, quand par le fait elle ne détenait pas même toute la partie française. Cette pacification acheva de ruiner les affaires de l’Angleterre à Saint-Domingue… »

    Il faut que cet auteur ait été étrangement induit en erreur, par les documens qu’il a eus sous les yeux ; car Desfourneaux, embarqué au Port-au-Prince, en 1794, fait prisonnier par les Anglais et rentré en France, s’y trouvait jusqu’en 1796 où il revint à Saint-Domingue avec Sonthonax. Durant les Débats de l’accusation contre ce commissaire civil, en 1795, il était à Brest. À la fin de 1796, il se fît battre encore par les Anglais et les colons de la Grande-Anse, à l’attaque du camp Raimond. C’était néanmoins un militaire brave et courageux, dévoué à son pays. La cession de la colonie espagnole à la France a été le fruit de la soumission de Toussaint Louverture à Laveaux, et des victoires des armées françaises aux Pyrénées. Dans son compte-rendu, publié à Paris, Laveaux est loin de faire l’éloge de Desfourneaux dans l’affaire de San-Miguel. Il a eu un seul succès, en 1797, deux ans après la cession de la partie espagnole ; et encore le plan de cette campagne fut préparé par le colonel du génie Vincent, et H. Christophe y contribua plus que lui.