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Page:Ardouin - Étude sur l’histoire d’Haïti, tome 2.djvu/230

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pour eux, l’esclavage était une chose toute naturelle. Cependant, nous ne prétendons pas dire qu’aucun mulâtre, qu’aucun nègre affranchi, et possédant des esclaves comme les blancs, ne partageait aussi ces craintes ; l’effet de l’intérêt et de la cupidité est le même chez tous les hommes ; mais, du moins, ces sentimens égoïstes n’étaient pas ceux des plus éclairés parmi les hommes des deux branches colorées, anciens libres.

Quant aux esclaves de l’Ouest, leurs agitations étaient bien légitimes. Ils ne pouvaient ignorer, sans doute, que toutes les bienfaisantes dispositions prises par les commissaires, étaient suspendues dans cette province. Ils avaient dû apprendre que ces dispositions avaient été ensuite étendues à la province du Sud ; trop de gens étaient placés pour le leur dire. Les agens espagnols surtout avaient mission de leur gouvernement, de bouleverser la colonie française par tous les moyens possibles. On se rappelle que la dépêche du ministre Pedro Acuña indiquait à Don J. Garcia, Hyacinthe, comme un des chefs noirs qu’il faudrait gagner.

Hyacinthe n’était pas le seul qui eût de l’influence sur les ateliers : bientôt nous parlerons des autres. Comme auxiliaires des agens espagnols, se trouvaient tous les blancs royalistes de l’ancien parti des contre-révolutionnaires dans la colonie. Unis maintenant à ceux du parti de l’indépendance, ils travaillaient tous ensemble l’esprit de la population de toutes couleurs, pour préparer les défections, soit en faveur de l’Espagne, soit en faveur de la Grande-Bretagne.

Le honteux exemple tracé par Neuilly, Lafeuillée, Brandicourt, fut bientôt imité par des paroisses entières. Plaisance allait se rendre quand Polvérel y arriva ; Gonaï-