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Page:Ardouin - Étude sur l’histoire d’Haïti, tome 2.djvu/222

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en des termes flétrissans ? La fédération du Cap eût-elle été moins imposante, si un ministre de la religion du Christ eût appelé les bénédictions du ciel sur la grande révolution qu’elle avait pour but de consacrer ?

Enfin, Sonthonax condamne lui-même ses déclarations aux colons, dans son discours improvisé le 20 septembre 1792 et dans sa proclamation du 4 décembre suivant. Le temps des tergiversations, des faux ménagemens, du modérantisme hypocrite, est passé, et cela à l’occasion de l’esclavage dont il demande l’abolition à la convention nationale ! N’a-t-il pas dès lors reconnu le tort qu’il avait eu de faire ces imprudentes déclarations si solennellement ?

Toutefois, rendons justice à ses sentimens personnels en faveur de la liberté des noirs : en la provoquant de la convention nationale, il se montra digne de sa mission.

Sa dépêche du 30 juillet prouve ensuite que Polvérel et lui avaient conçu un plan d’émancipation générale pour les esclaves, ainsi qu’ils l’ont annoncé dans leurs actes précédens ; mais seulement depuis la tentative criminelle de Galbaud. Le désaccord qui surgit bientôt entre lui et Polvérel, au sujet de la proclamation qu’il rendit le 29 août, et entre Delpech et eux, prouve encore que cette émancipation devait être graduelle, selon le plan arrêté.