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Page:Ardouin - Étude sur l’histoire d’Haïti, tome 2.djvu/185

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soumission et sur notre obéissance à ses ordres. Si, mécontente de nos opérations, elle juge à propos de nous rappeler, nous sommes prêts à rendre compte de notre conduite. Il ne faut ni vaisseaux, ni troupes pour nous forcer à exécuter ses décisions : un simple décret nous amènera à sa barre, nous y paraîtrons sans crainte comme sans remords.


Noble confiance, noble abnégation, judicieuse appréciation d’une situation hérissée de difficultés, clairvoyance remarquable de tout ce que pourra obtenir l’énergie de la liberté proclamée en faveur des noirs, prévoyance de tout ce que pourra aussi la haine des colons, tout se trouve réuni dans cette dépêche du 10 juillet.

Six jours après qu’elle a été écrite, les colons, en effet, Page et Brulley surtout qu’ils dénonçaient à la convention dans un de ses paragraphes, obtinrent le 16 juillet, un décret d’accusation contre Polvérel et Sonthonax. Heureusement pour Saint-Domingue, que son exécution fut ajournée pendant un an.


En voyant les commissaires civils sortir du Cap, Galbaud croyait tellement qu’il resterait maître de la province du Nord et même de toute la colonie, qu’il écrivit à Neuilly et aux autres chefs des postes extérieurs de les arrêter. Ce Neuilly ne tarda pas à faire défection et à passer du côté des Espagnols : il en fut de même de deux autres chefs de postes. Cette défection explique la mission de César Galbaud dans ces postes, et les termes dont se servit Don Gaspard de Cassassola à l’égard du gouverneur Galbaud, dans sa proclamation du 7 juin.


Lorsque les commissaires civils se virent attaqués si perfidement, si audacieusement par Galbaud, par les ma-