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Page:Ardouin - Étude sur l’histoire d’Haïti, tome 2.djvu/175

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qui était gardé par quelques hommes de couleur, sous les ordres d’un officier blanc. Une pièce de campagne qu’ils avaient braquée sur la rue qui y conduisait, pouvait opposer de la résistance ; mais cet officier leur défendit de tirer. Il prétendit que les marins étaient des frères qui ne leur voulaient aucun mal, mais seulement aux commissaires civils. Ce traître, auquel ces derniers avaient confié la défense de ce poste, s’avança au-devant de Galbaud et lui donna le baiser de paix. Les frères s’empressèrent de désarmer les mulâtres trop crédules, et tous ceux d’entre eux qui voulurent se défendre furent égorgés par ces bandits. L’infâme Gauvain, présent à ce massacre, cria de n’en épargner aucun. Mais Galbaud, militaire d’honneur après tout, ordonna de conduire les autres sur les bâtimens de la rade : ils étaient prisonniers, ils devaient être traités comme les mulâtres avaient traité, la veille. César Galbaud et les officiers de marine faits prisonniers avec lui. Rendus à bord, plusieurs de ces mulâtres furent massacrés par les marins : les commandan sde la flotte durent mettre aux fers ceux qui avaient échappé aux coups de ces furieux, pour pouvoir les sauver. Latortue et Pierre Augustin, deux anciens affranchis noirs, périrent dans ce massacre.

Afin de prévenir un nouveau combat, les commissaires civils rendirent une proclamation adressée aux équipages des navires, en leur ordonnant de livrer Galbaud, considéré comme l’auteur des événemens de la veille. Cette proclamation fut portée par François Polvérel, fils du commissaire, escorté de quelques dragons d’Orléans commandés par Leblan, lieutenant-colonel de ce corps. Annoncé comme parlementaire, F. Polvérel ne fut pas moins arrêté et conduit à bord avec Leblanc, par ordre