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Page:Ardouin - Étude sur l’histoire d’Haïti, tome 2.djvu/161

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ran, Tanguy lui adressa (à Galbaud) l’écrit suivant : on croit devoir le rapporter ici en entier, parce qu’il a eu la plus grande influence sur les événemens postérieurs, en faisant naître ceux qu’il prédisait, parce qu’il montre d’ailleurs, dans le plus grand jour, les vrais sentimens du parti coupable dont Tanguy était l’organe, et la coalition de ces prétendus patriotes avec les agens de l’ancien régime contre les commissaires civils et les hommes de couleur. »…

Et nous aussi, nous croyons devoir rapporter cet écrit en son entier, parce que, s’il avait pour but principal d’embarquer violemment Polvérel et Sonthonax, c’était pour mieux arriver à la destruction de la classe de couleur et au maintien de l’esclavage des noirs ; parce que cet écrit résume les perfides doctrines coloniales contre les deux classes colorées de Saint-Domingue. Dans une de ses lettres à Galbaud, qui précéda cet écrit intitulé Dernier conseil au général Galbaud, Tanguy Laboissière lui avait dit : « Si l’on avait suivi mon conseil, lorsque j’ai proposé à l’assemblée provinciale du Sud d’égorger tous les hommes de couleur, la colonie n’en serait pas où elle est aujourd’hui. La politique seule est le sentiment que nous devons consulter, et c’est sur cette politique que nous devons fonder le bonheur de la colonie[1] »

Voici le Dernier conseil au général Galbaud :


La crise approche, les commissaires seront ici sous deux jours ; rappelez-vous tout ce que je leur ai écrit à cet égard.

Je connais leur âme ; je juge de tout ce qu’ils font et vont faire avec la juste sonde d’Helvétius, que j’ai médité depuis l’âge de dix ans.

  1. Débats, t. 8, p. 92.