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Page:Ardouin - Étude sur l’histoire d’Haïti, tome 2.djvu/114

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quelques nègres de notre colonie, d’une fidélité certaine, lesquels passant dans les camps des brigands, tâcheront non-seulement de les aider dans leurs entreprises, mais encore de les persuader et de les rassurer dans les promesses de liberté et d’établissement que S. M. leur fait sous sa domination.


Le surplus de cette dépêche, très-confidentielle, informait Don Garcia que des ordres avaient été donnés aux gouverneurs des îles de Cuba et de Porto-Rico, de Caracas et au vice-roi du Mexique, de lui fournir des secours en troupes et en argent, et lui accordait tous pouvoirs nécessaires pour parvenir au but désiré, en laissant tout à sa prudence et à sa sagacité déjà éprouvées depuis près de deux ans, au sujet de la révolte des esclaves du Nord, auxquels il avait fourni des armes et des munitions.

Vainement le ministre espagnol se fondait-il, dans cette dépêche, sur la mort de Louis XVI pour donner de pareilles instructions : l’état de paix subsistait entre la France et l’Espagne, quand les agens espagnols, dans le but de la contre-révolution, excitaient les noirs à continuer leur insurrection.

Une réflexion toute naturelle naît des dépêches dont nous venons de donner un extrait.

Entre les deux gouvernemens qui convoitaient respectivement le territoire que leurs pays possédaient à Saint-Domingue, lequel était plus dans son droit, suivant le droit de la guerre ?

Evidemment, c’est le gouvernement français. Depuis le mois d’août 1791 où l’insurrection des esclaves a commencé, il est avisé de toutes les intrigues ourdies dans la colonie française par ses propres agens contre-révolutionnaires, qui ne veulent pas se soumettre au nouvel ordre de choses produit par la révolution de 1789, et qui s’en-