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Page:Ardouin - Étude sur l’histoire d’Haïti, tome 2.djvu/110

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Unis. Dans les premiers jours du mois de mai, la municipalité écrivit aux commissaires pour leur annoncer la soumission de cette ville.


Pendant que les colons s’efforçaient, dans l’Ouest et dans le Sud, d’opposer à la commission civile la résistance dont nous venons de raconter les circonstances, d’autres colons qui se trouvaient à Londres agissaient auprès du cabinet britannique, pour le porter à accepter les offres qu’ils n’avaient cessé de lui faire, depuis 1789, de livrer Saint-Domingue à la Grande-Bretagne. La guerre ayant été déclarée à cette puissance par la France, le 1er février 1793, les ministres anglais ne se crurent plus obligés de garder aucun scrupule à ce sujet. Déjà, comme nous l’avons dit, des relations fréquentes existaient entre les autorités de la Jamaïque et les traîtres qui aspiraient à ravir à leur patrie cette précieuse colonie. Le 25 février, le gouvernement anglais expédia des ordres à cet effet au général Adam Williamson, gouverneur de la Jamaïque[1]

De son côté, le gouvernement français, qui n’ignorait pas ces menées infâmes des colons, dut prendre des mesures pour les contrecarrer efficacement. Il savait aussi que l’Espagne, dont les agens dans la colonie voisine n’avaient que trop favorisé la révolte des esclaves de la province du Nord, s’entendait avec la Grande-Bretagne. La guerre avait été également déclarée à cette puissance dont la dynastie était alliée à celle de l’infortuné Louis XVI, qui venait de périr si tragiquement sur l’échafaud révolutionnaire.

  1. Pamphile de Lacroix, t. 1er, p. 266.