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sage fut accompagné des deux listes générales, envoyées en communication.

La veille, dans la séance publique de la Chambre, lecture avait été donnée de ces documens et le message ci-dessus avait été résolu. Aussitôt, les opposans de la Chambre et dans le public, de faire grand bruit de cette découverte qui, selon eux, prouvait que la législature avait raison, puisque Boyer et son prédécesseur avaient agi comme elle le désirait.

Quand le Président reçut ce message, il fit appeler le sénateur Ardouin, président du Sénat, vers sept heures du soir, le 26, pour, le lui communiquer. Il, lui dit : « Voilà tous mes raisonnemens et ceux du Sénat renversés, à propos de la liste générale, puisque Pétion en avait adressé une, à la Chambre et que j’ai suivi son exemple, Sans m’en ressouvenir aucunement. — Rassurez-vous, Président, lui répondit son interlocuteur : j’ai lu toutes les archives du Sénat, et je sais que vous êtes dans le vrai de la question, comme Pétion y était lui-même. En 1817, quand il proposa à la Chambre 18 candidats pour l’élection de six sénateurs, il présenta une seule liste, il est vrai, mais il la fractionna par groupes de trois candidats pour chaque sénateur à élire, en séparant ces groupes par un trait. Il fit plus : prévoyant que la Chambre pourrait croire qu’elle avait le choix entre ces 18 candidats, il chargea le président de cette législature, M. Pierre André, d’expliquer son intention d’après le vœu de la constitution, afin qu’elle n’élût les 6 sénateurs que dans les groupes distincts de candidats. Ce que je vous dis, Président, est constaté dans le procès-verbal de leur élection dont la Chambre envoya une copie au Sénat[1]. En 1821, vous avez agi

  1. Voyez à ce sujet, la 274e page du 8e tome de cet ouvrage,