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chapitre premier.

1838. — La session législative est ouverte. — La Chambre des communes déclare au Président d’Haïti qu’elle répondra à son discours par une adresse. — Election d’un sénateur, quoique le Sénat n’ait pas avisé la Chambre de cette vacance dans son sein. — H. Dumesle prononce un discours pour préparer la Chambre au vote de son adresse. — La Chambre ajourne l’élection d’un nouveau sénateur, parce que le Sénat ne lui a pas donné avis de cette vacance. — Le 27 avril, elle vote son adresse et la fait porter au Président d’Haïti par une députation ; Boyer promet d’y répondre. — Examen de cet acte. — Pétition adressée à la Chambre par trois jeunes Haïtiens qui, de Paris, demandent l’érection d’une statue à Pétion. — La Chambre la prend en considération et charge son président d’en entretenir Boyer ; il promet de donner suite à ce projet. — Complot formé pour assassiner Boyer a la fête de l’agriculture ; le 2 mai, le général Inginac est assassiné. — Révolte dans la commune de Léogane ; elle est étouffée. — Les assassins sont arrêtés et jugés ; six d’entre eux subissent la peine de mort, et les autres sont condamnés à la réclusion. — La Chambre des communes envoie à Boyer une députation à cette occasion ; cette députation se rencontre au palais avec une autre envoyée par le Sénat. — Discussion entre leurs membres : Boyer la fait cesser, les invite à se modérer et à garder le silence sur cet incident. — H. Dumesle en rend compte à la Chambre qui fait publier son rapport. — Irritation de Boyer à ce sujet. — Projet d’expulsion de quelques représentans, déjoué par Boyer. — La Chambre s’ajourne pendant huit jours. — La députation du Sénat lui rend compte de la discussion survenue au palais ; le Sénat fait publier son rapport. — Le général Inginac tente vainement de rétablir l’harmonie entre le Sénat et la Chambre. — Lettres anonymes adressées au consul français et à la Chambre contre Boyer. — Il soupçonne le sénateur Pierre André d’en être l’auteur, et le dénonce publiquement. — Le Sénat prononce son expulsion et informe Boyer et la Chambre de cet acte afin qu’il soit remplacé. — Boyer s’abstient de proposer des candidats, et arrête une poursuite judiciaire dirigée contre Pierre André ; il lui paye ses appointemens de sénateur. — Proposition et discours de D. Saint-Preux à la Chambre, pour l’envoi d’une députation auprès de Boyer. — Le Président propose un projet de loi sur les douanes ; la Chambre vote la loi comme si elle émanait de son initiative. — Le Sénat décrète la loi, en rétablissant le fait par la formule d’usage : la rupture est complète entre les deux corps. — Diverses circulaires adressées aux autorités, et arrêté du Président d’Haïti.


La session législative de cette année était destinée à faire naître plus de réflexions que la précédente, parce que, malheureusement, elle coexista avec des faits attentatoires à la sûreté publique, que l’Opposition parlementaire, probable-