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mesle et D. Saint-Preux en faisaient partie. Ce fut alors qu’elle prit connaissance du message du Président, du 30 août, qui proposait trois candidats afin de remplacer le sénateur Sully, décédé.

Dans la séance du 4 septembre, la députation rendit compte de sa mission auprès de Boyer, en ces termes :

« Représentans, — L’accueil que le Président d’Haïti a fait à votre députation est des plus gracieux. Il a proposé des observations sur la forme de la présentation de l’adresse et sur sa constitutionnalité. Votre députation a expliqué la raison de la révision de cette partie des anciens règlemens de la Chambre, et ses explications ont satisfait l’attente du pouvoir exécutif : il a apprécié la réforme d’un usage illusoire, sans objet certain, remplacé par des procédés vraiment parlementaires dont l’adoption est une utilité et un progrès. Et, si jamais les témoignages d’affection donnèrent l’espérance d’une réponse, favorable, c’est dans cette circonstance ; car le Président d’Haïti, rappelant des souvenirs chers à la patrie, a dit à votre députation : « Soyons fidèles à la mémoire du grand Pétion, en conservant, en perfectionnant son œuvre immortelle, et répétez à la Chambre, qu’elle peut être fermement assurée que je serai toujours dans son sein de cœur, pour affermir les principes constitutionnels et pour défendre avec elle toutes les libertés publiques. L’arbitraire n’a pas de plus grand ennemi que moi. » Législateurs, que ces paroles mémorables retentissent sans cesse dans cette enceinte, et qu’elles soient la consécration d’une époque constitutionnelle ! »

En ce moment, l’ordre du jour appelait la Chambre à décider si l’élection d’un sénateur aurait lieu parmi les trois candidats déjà proposés. On pouvait s’attendre à ce