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devoirs. Les entreprises malicieuses n’ont jamais osé y pénétrer ; le saint amour de la patrie a dirigé toutes ses inspirations ; elle a proclamé les principes d’ordre, de liberté, d’amélioration et de conservation. En invoquant les voies du progrès, elle a exalté les bienfaits de l’éducation et du travail ; elle a surtout rendu hommage aux brillantes qualités qui vous distinguent ; elle a attesté que la gloire du civilisateur vous était réservée, que vous en aviez reçu la mission de l’estime publique. Mais elle s’est fait un devoir de chercher les vrais principes de la société, de les séparer de l’erreur, d’éviter la confusion dans l’action constitutionnelle ; et elle a pu s’applaudir de l’harmonie de ses idées avec l’opinion éclairée du pays et celle des esprits les plus éminens du siècle. C’est ainsi que, portée par un avertissement du Sénat à étudier la théorie de notre constitution à l’égard des remplacemens à faire dans son sein, elle a découvert que l’élection des sénateurs manquerait de légalité, si elle n’était le résultat d’un véritable concours dans la candidature. Elle a reconnu indispensable que la liste générale offre à la liberté du choix, les voies larges indiquées par la constitution pour éviter l’inconvénient du double concours.

» L’adresse que la Chambre a eu l’honneur de vous présenter à l’ouverture de la session dernière, exprima des vœux qui étaient sans doute dans votre cœur ; elle n’a donc fait qu’aller au devant de vos intentions. Le sentiment intime du vrai et du juste uni au patriotisme, la dicta ; ce sentiment est encore pour la Chambre une garantie que, retournant vos pensées vers les améliorations qu’elle sollicite, vous comblerez les espérances du pays.

» En parcourant l’échelle des droits et des devoirs, la Chambre à remarqué qu’une des causes qui retardent le