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Michel Abraham en firent autant et se portèrent dans l’arrondissement de Jacmel pour s’y tenir cachés. Desfontaines, le jeune Numa Augustin que son père avait envoyé auprès d’Etienne Manga, et Augustin Mercier, rallié à lui aussi, restèrent avec lui ; tous les quatre quittèrent le fort Campan et se rendirent à l’habitation d’Etienne Manga, le 4 mai.

Déjà, le colonel Lamarre, informé de la tentative de révolte, marchait à la tête du 21e régiment et de la garde nationale de Léogane contre ces révoltés. En apprenant sa marche, ceux-ci se réfugièrent au milieu des bois d’une habitation voisine, où se trouvait un ajoupa qu’ils occupèrent. Lamarre apprit leur fuite et le lieu de leur retraite ; il envoya, durant une forte pluie, un détachement de sa troupe qui cerna l’ajoupa pour les faire prisonniers. Etienne Manga fit résistance et eut la tête tranchée ; Augustin Mercier trouva le moyen de s’évader (il fut arrêté ensuite, à quelques jours de là), et Desfontaines et le jeune Numa furent faits prisonniers et envoyés au Port-au-Prince. Ce jeune homme fit des révélations qui procurèrent l’arrestation de plusieurs des complices de son père, chez qui se réunissaient les conspirateurs, étant le chef apparent de la conspiration.

Le Président avait expédié le commandant Garat à Léogane, puis le citoyen C. Ardouin, substitut du commissaire du gouvernement au tribunal de cassation, qui rencontra Lamarre sur l’habitation d’Etienne Manga, après la mort de celui-ci ; et le citoyen Bance, substitut du commissaire du gouvernement au tribunal civil, à Jacmel. Tous trois étaient porteurs d’ordres relatifs à la recherche des coupables. Bientôt la bonne police du général Frédéric, commandant de l’arrondissement de Jacmel, opéra l’arrestation de