Page:Ardouin - Étude sur l’histoire d’Haïti, tome 11.djvu/357

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


blique et les porteurs des titres de son emprunt contracté en 1825.

À l’ouverture de la session législative, l’Opposition porta encore la Chambre des communes à voter une nouvelle adressé au pouvoir exécutif où les vœux exprimés en 1838 étaient rappelés, où une réclamation fut consignée à propos de l’élection de plusieurs sénateurs qui devaient en remplacer d’autres dont les fonctions allaient expirer. La Chambre prétendit que la constitution exigeait la présentation, par le pouvoir exécutif, d’une liste générale et unique de candidats, au lieu des listes partielles pour chaque sénateur à élire, et qu’elle voulait le renouvellement intégral du Sénat. Le Président d’Haïti n’adoptant pas ces innovations, et la Chambre persistant dans son refus de listes partielles, il consulta le Sénat à ce sujet, et ce corps se rangea à son opinion. Loin de céder à l’interprétation constitutionnelle donnée sur cette question par le pouvoir exécutif et le Sénat, l’Opposition protesta en des termes violens et fit un appel à l’armée.

L’agitation produite à la capitale par les opposans porta trente-un représentans à protester contre leur violence perturbatrice, et à adresser leur protestation au pouvoir exécutif. Celui-ci s’en prévalut et convia l’armée à soutenir le gouvernement contre les factieux ; il prononça des destitutions d’employés publics liés à l’Opposition. Alors, trente-sept membres de la Chambre des communes, formant la majorité dans ce corps, reconstituèrent son bureau et élirent un sénateur sur une liste partielle. Ce fut l’occasion d’un rapprochement, d’une réconciliation entre le Sénat et la Chambre.

La Chambre somma ses membres opposans d’adhérer à